Rizarthrose : comprendre et gérer cette maladie articulaire
La rizarthrose figure parmi les pathologies articulaires qui affectent particulièrement la population féminine après cinquante ans. Cette forme d’arthrose, localisée à la base du pouce, engendre des douleurs et des limitations fonctionnelles qui peuvent considérablement impacter le quotidien. Comprendre les mécanismes de cette affection, reconnaître ses symptômes et explorer les solutions disponibles permet de mieux vivre avec cette maladie et d’en limiter les conséquences.
Qu’est-ce que la rizarthrose et quelles en sont les origines ?
Définition et localisation de l’arthrose du pouce
La rizarthrose désigne une usure progressive du cartilage située à la base du pouce, au niveau de l’articulation entre le premier métacarpien et le trapèze, un petit os du poignet. Cette articulation trapézo-métacarpienne joue un rôle fondamental dans les mouvements du pouce et permet d’effectuer des gestes de précision indispensables au quotidien. Pour en savoir plus, il faut comprendre que lorsque le cartilage se détériore, les surfaces osseuses entrent progressivement en contact direct, provoquant inflammation, douleur et déformation articulaire.
Cette pathologie touche principalement les femmes de plus de cinquante ans, avec une prévalence comprise entre huit et vingt-cinq pour cent, tandis que chez les hommes, elle se situe entre deux et cinq pour cent. La maladie débute généralement sur la main dominante, celle qui est la plus sollicitée dans les activités quotidiennes. On estime que trois à dix pour cent de la population de plus de cinquante ans présente des signes de rizarthrose, bien que ce chiffre puisse varier selon les études. Cette affection peut également impliquer l’articulation scapho-trapézienne dans certains cas, complexifiant alors le tableau clinique.
Facteurs de risque et causes de la maladie
Plusieurs éléments contribuent au développement de la rizarthrose. L’âge avancé constitue le principal facteur de risque, car le cartilage articulaire s’use naturellement avec le temps. Les facteurs hormonaux jouent également un rôle déterminant, notamment chez les femmes après la ménopause, période durant laquelle la baisse de protection hormonale favorise la dégradation articulaire. Cette explication justifie la nette prédominance féminine de la pathologie.
La génétique représente un autre élément important, certaines personnes présentant une prédisposition héréditaire à développer cette arthrose. Les travailleurs manuels qui sollicitent intensément leurs mains dans des activités professionnelles répétitives sont particulièrement exposés, et la rizarthrose peut d’ailleurs être reconnue comme maladie professionnelle dans certaines situations. Les traumatismes antérieurs du pouce, même anciens, ainsi que certaines anomalies anatomiques comme la dysplasie articulaire, c’est-à-dire une malformation de la forme de l’articulation, augmentent également le risque. Enfin, certaines maladies telles que la chondrocalcinose peuvent favoriser l’apparition de cette affection articulaire.
Comment reconnaître les symptômes de la rizarthrose ?
Les manifestations douloureuses au quotidien
Le symptôme cardinal de la rizarthrose reste la douleur à la base du pouce. Cette douleur se manifeste lors des mouvements sollicitant l’articulation, notamment lors des gestes de préhension ou de pince entre le pouce et les autres doigts. Elle peut s’intensifier progressivement et connaître des poussées inflammatoires particulièrement pénibles. Dans les stades plus avancés, la douleur persiste même au repos et peut être plus intense durant la nuit, perturbant le sommeil.
Les douleurs peuvent irradier vers le poignet, créant parfois une confusion avec d’autres pathologies comme les tendinites. L’intensité de la souffrance varie selon le stade de la maladie. Au stade initial, la douleur reste légère et apparaît principalement lors des activités sollicitant le pouce. Au stade modéré, elle devient plus intense et limite davantage les mouvements. Enfin, au stade sévère, la douleur devient constante et grave, accompagnée d’un gonflement articulaire visible et d’une gêne fonctionnelle majeure.
Perte de force et limitations fonctionnelles
Au-delà de la douleur, la rizarthrose entraîne une perte progressive de force dans le pouce, rendant difficiles des gestes quotidiens apparemment simples. Ouvrir un bocal, tourner une clé, tenir fermement un objet ou écrire deviennent des tâches laborieuses. Cette limitation fonctionnelle s’accompagne d’un enraidissement articulaire et d’une perte de flexibilité qui restreignent l’amplitude des mouvements.
La déformation progressive de l’articulation constitue un autre signe caractéristique. Le pouce peut progressivement se dévier, créant une fermeture commissurale qui rend difficile l’écartement du pouce par rapport à l’index. Cette déformation, au-delà de la gêne fonctionnelle, peut également représenter un problème esthétique pour certaines personnes. Les tâches quotidiennes nécessitant précision et force se trouvent ainsi compromises, impactant l’autonomie et la qualité de vie des personnes atteintes.
Diagnostic de la rizarthrose : les examens nécessaires
L’examen clinique par le médecin
Le diagnostic de la rizarthrose commence par un examen clinique minutieux réalisé par un médecin traitant, un rhumatologue ou un chirurgien spécialisé dans la pathologie de la main. Le praticien procède à un bilan des deux mains, même si une seule semble affectée, car la maladie peut être bilatérale. Il évalue l’amplitude de l’écartement du pouce, mesure la force de préhension et recherche la présence de déformations caractéristiques.
L’examen comprend également la palpation de l’articulation pour détecter une éventuelle sensibilité ou un gonflement. Le médecin teste différents mouvements du pouce pour identifier précisément les gestes douloureux et évaluer le degré de limitation fonctionnelle. Cette étape clinique reste fondamentale car elle permet d’orienter le diagnostic et de différencier la rizarthrose d’autres pathologies pouvant présenter des symptômes similaires, comme les tendinites.
Le rôle de la radiographie dans le diagnostic
La radiographie constitue l’examen de référence pour confirmer le diagnostic de rizarthrose. Elle permet de visualiser l’état de l’articulation trapézo-métacarpienne, de mesurer l’espace articulaire et d’identifier les signes radiologiques caractéristiques de l’arthrose. La classification de DELL, qui comprend quatre stades allant d’une usure légère à une destruction complète de l’articulation, aide à évaluer la sévérité de l’atteinte.
La classification d’Eaton-Littler intègre dans ses critères évolutifs l’existence d’une atteinte de l’articulation scapho-trapézienne, permettant une analyse plus complète de la situation. Dans certains cas plus complexes, d’autres examens d’imagerie comme l’IRM ou le scanner peuvent être nécessaires pour préciser le diagnostic ou planifier une intervention chirurgicale. Il est important de noter qu’il n’existe pas de marqueurs biologiques spécifiques permettant de diagnostiquer la rizarthrose par simple prise de sang.
Les traitements conservateurs pour soulager la rizarthrose
Médicaments et injections thérapeutiques
La prise en charge médicale de la rizarthrose vise prioritairement à soulager la douleur et à préserver la fonction articulaire. Les traitements antalgiques et anti-inflammatoires constituent la première ligne thérapeutique, permettant de contrôler les symptômes lors des poussées douloureuses. Ces médicaments peuvent être pris par voie orale ou appliqués localement sous forme de gel.
Les infiltrations représentent une option thérapeutique efficace pour les douleurs rebelles. Les injections de corticoïdes apportent un soulagement rapide mais temporaire, généralement efficace pour quelques semaines à quelques mois. Leur utilisation reste limitée en nombre pour éviter les effets secondaires. Les injections de chondro-substituts ou d’acide hyaluronique, également appelées visco-supplémentation, visent à améliorer la lubrification articulaire et peuvent procurer un soulagement plus durable. Ces traitements injectables permettent souvent de retarder la nécessité d’une intervention chirurgicale.

Orthèses et ergothérapie pour préserver la fonction
Le port d’orthèses de pouce constitue un élément central du traitement conservateur. Ces attelles immobilisent partiellement ou totalement l’articulation, permettant le repos articulaire et la diminution de l’inflammation. On distingue les orthèses de poignet-pouce, plus immobilisantes et généralement portées la nuit, des orthèses diurnes qui immobilisent uniquement le pouce en laissant le poignet libre pour faciliter les activités quotidiennes.
La kinésithérapie joue un rôle essentiel pour maintenir la mobilité articulaire et renforcer les muscles péri-articulaires. Des séances régulières permettent d’effectuer des exercices de mobilité articulaire spécifiques, d’apprendre les bonnes positions à adopter et d’éviter les mouvements néfastes. L’ergothérapie complète cette approche en proposant des adaptations de l’environnement professionnel et domestique, des aides techniques facilitant les gestes quotidiens, et des conseils pour économiser l’articulation. Ces approches non médicamenteuses peuvent inclure l’application de chaleur humide, de cataplasmes d’argile ou de cryothérapie avec de la glace pour soulager l’inflammation.
Quand envisager la chirurgie pour la rizarthrose ?
Les différentes techniques chirurgicales disponibles
La chirurgie est envisagée lorsque les traitements conservateurs se révèlent insuffisants et que la douleur ou la limitation fonctionnelle deviennent trop importantes. Plusieurs techniques chirurgicales existent, chacune présentant des indications spécifiques selon le stade de la maladie et le profil du patient. La trapézectomie, qui consiste en l’ablation totale du trapèze, représente l’intervention la plus fréquemment réalisée. Elle supprime le conflit articulaire et permet souvent un bon soulagement des douleurs.
La prothèse trapézo-métacarpienne constitue une alternative intéressante, particulièrement chez les patients plus jeunes. Elle permet de remplacer l’articulation usée par un implant artificiel, préservant ainsi la mobilité et la force du pouce. La durée de vie de ces prothèses se situe généralement entre quinze et vingt ans. L’arthrodèse trapézo-métacarpienne, qui consiste en une fusion définitive des surfaces articulaires, supprime complètement les mouvements de l’articulation mais élimine la douleur de façon efficace.
D’autres techniques plus spécialisées peuvent être proposées selon les cas. La dénervation articulaire procède à l’ablation de certains nerfs pour interrompre la transmission de la douleur. L’ostéotomie du premier métacarpien corrige l’alignement osseux pour mieux répartir les contraintes. La ligamentoplastie de stabilisation renforce les structures ligamentaires. Enfin, l’arthroscopie trapézo-métacarpienne permet une chirurgie mini-invasive dans certaines situations sélectionnées.
Rééducation et récupération après l’intervention
La période postopératoire nécessite un accompagnement rigoureux pour optimiser les résultats. La cicatrisation des tissus prend généralement entre quatre et huit semaines, durant lesquelles une immobilisation partielle peut être nécessaire. Un arrêt de travail est systématiquement prescrit, sa durée variant selon le type d’intervention réalisée et l’activité professionnelle du patient. Pour une trapézectomie, il faut compter environ deux mois de convalescence, tandis qu’une prothèse nécessite généralement un mois.
La rééducation kinésithérapique débute précocement après l’intervention et se poursuit pendant environ six semaines. Elle vise à récupérer progressivement la mobilité du pouce, à renforcer la musculature et à éviter l’enraidissement articulaire. Les exercices sont adaptés au type de chirurgie réalisée et progressent graduellement en intensité. Les résultats définitifs de la chirurgie sont souvent observés après six mois, période nécessaire pour que les tissus cicatrisent complètement et que la rééducation produise tous ses effets. Dans la majorité des cas, l’intervention chirurgicale permet une nette amélioration de la qualité de vie, avec une diminution significative de la douleur et une récupération fonctionnelle satisfaisante.
Vivre au quotidien avec une rizarthrose
Adapter ses activités et utiliser des aides techniques
Vivre avec une rizarthrose nécessite d’adapter son quotidien pour préserver l’articulation et limiter les douleurs. Il convient d’éviter les mouvements répétitifs sollicitant excessivement le pouce et les torsions forcées qui aggravent l’inflammation. De nombreuses aides techniques existent pour faciliter les gestes courants : ouvre-bocaux électriques, poignées ergonomiques pour les ustensiles de cuisine, claviers d’ordinateur adaptés ou encore stylos avec grip antidérapant.
L’adaptation de l’environnement domestique et professionnel représente un aspect important de la prise en charge. Un ergothérapeute peut proposer des solutions personnalisées pour aménager le poste de travail, sélectionner les outils appropriés et enseigner les techniques gestuelles économes pour l’articulation. Ces adaptations permettent de maintenir une activité professionnelle et personnelle satisfaisante tout en protégeant le pouce.
Exercices pour conserver mobilité et force musculaire
Maintenir une activité physique douce et pratiquer régulièrement des exercices spécifiques contribuent à préserver la fonction articulaire. Les exercices de mobilité articulaire, effectués quotidiennement, permettent de conserver la souplesse du pouce et d’éviter l’enraidissement. Les exercices de renforcement musculaire, réalisés de manière progressive et contrôlée, aident à stabiliser l’articulation et à compenser partiellement la faiblesse liée à la maladie.
Des approches complémentaires peuvent apporter un soulagement supplémentaire. Les automassages doux de la zone douloureuse favorisent la détente musculaire. L’hypnose et les techniques de relaxation aident à mieux gérer la douleur chronique. Certains suppléments naturels comme le curcuma ou le gingembre possèdent des propriétés anti-inflammatoires qui peuvent compléter les traitements conventionnels, toujours après avis médical. Ces différentes stratégies, combinées de manière cohérente, permettent d’améliorer significativement la qualité de vie.
Complications et suivi médical de la rizarthrose
Les risques d’une prise en charge tardive
La rizarthrose est une maladie dégénérative qui évolue progressivement vers l’aggravation en l’absence de prise en charge adaptée. Un diagnostic tardif ou un traitement insuffisant peuvent conduire à une destruction importante de l’articulation, rendant les solutions thérapeutiques plus complexes et limitant les possibilités de récupération fonctionnelle. La douleur s’intensifie au fil du temps, pouvant devenir permanente et résistante aux traitements médicamenteux habituels.
La perte de fonction s’aggrave également, avec une limitation croissante des gestes quotidiens et une dépendance accrue vis-à-vis des autres pour les activités simples. Les déformations articulaires deviennent plus marquées et irréversibles, impactant non seulement la fonction mais aussi l’apparence de la main. Ces complications peuvent considérablement altérer la qualité de vie et l’autonomie, soulignant l’importance d’une intervention précoce.
L’intérêt d’un accompagnement médical régulier
Un suivi médical régulier permet de surveiller l’évolution de la maladie et d’adapter le traitement en fonction de la réponse thérapeutique. Des consultations périodiques auprès d’un rhumatologue ou d’un chirurgien de la main sont recommandées pour évaluer la progression de l’arthrose, ajuster les traitements médicamenteux, discuter de l’opportunité d’infiltrations ou envisager une intervention chirurgicale au moment optimal.
Ce suivi permet également d’accompagner le patient dans la gestion quotidienne de sa pathologie, de répondre à ses questions et de le conseiller sur les adaptations nécessaires. Un diagnostic précoce combiné à une prise en charge adaptée et régulière maximise les chances de conserver une fonction satisfaisante du pouce et de limiter l’impact de la maladie sur la vie quotidienne. Les structures spécialisées comme les Hospices Civils de Lyon, qui comptent treize hôpitaux publics, vingt-quatre mille employés et proposent toutes les disciplines médicales et chirurgicales, offrent une expertise complète pour la prise en charge de cette pathologie articulaire.
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